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En 1904, le Japon mendiait des prêts à l'étranger pour financer sa guerre. Un siècle plus tard, il est devenu l'un des plus grands prêteurs du monde, et il est en train de lâcher la dette française. Avec Philippe Béchade (La Chronique Agora), on lit ce basculement, ses vraies causes et ce qu'il change pour notre épargne.
Le 2 octobre 2026, Shinji Kunibe (Sumitomo Mitsui DS Asset Management) solde toute sa position en dette française pour se tourner vers les Bunds allemands. Son motif : la discipline budgétaire et la parole tenue face aux marchés.
Le 8 octobre, MUFG décrit le risque d'une accélération. Le taux japonais à 10 ans remonte à 2,94 %, au plus haut depuis 1996, et une fois la couverture de change payée, l'OAT longue n'offre plus d'avantage sur la dette japonaise. La cause est autant à Tokyo qu'à Paris.
Les chiffres : environ 131 Md€ de dette française détenus par des investisseurs japonais en juillet. La part des non-résidents est passée de 47,5 % fin 2021 à 57,5 % début 2026, et l'OAT 10 ans tourne autour de 5 %, du jamais vu depuis 2002.
Commerzbank apporte la mesure : sur trois mois, les Japonais sont redevenus acheteurs nets d'OAT. C'est un signal fort, pas encore une vague. Le vrai risque, c'est l'effet d'entraînement.
L'histoire des créanciers montre que rien n'est écrit. La France a traversé huit défauts extérieurs entre 1500 et 1800, et elle emprunte aujourd'hui sur cinquante ans. Le débiteur de 1904 est devenu le prêteur du monde. Des emprunts de 1915 aux sages, de Hume à Hamilton, on verra comment une dette redevient une force : l'épargne des Français, un cap budgétaire clair, le créancier comme partenaire.
Une dette n'est pas un destin.
Sources : Capital, BFM, Les Échos, Bloomberg, MUFG, Commerzbank, Banque de France, OCDE.
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