Témoignage exclusif. Un garçon confié à l’Aide sociale à l’enfance dénonce des viols commis par un veilleur de nuit de son foyer. Près de trois ans après ses révélations, l’homme n’a jamais été mis en examen, le parquet requiert un non-lieu et une partie des témoins n’a pas été entendue. Sa mère a contacté l’ODJ. Nous avons examiné les documents qu’elle nous a transmis pour livrer à la fois le témoignage et l’analyse qui s’en suit.
Un enfant placé par la justice
Il a 7 ans lorsque le juge des enfants ordonne son placement. Commence alors un parcours de foyer en foyer. C’est dans l’un d’eux, une maison d’enfants du Bas-Rhin, que les faits se seraient produits : il a alors entre 12 et 13 ans.
Selon ses déclarations, maintenues devant les gendarmes puis devant le juge d’instruction, le veilleur de nuit chargé de son groupe lui aurait imposé une dizaine à une quinzaine de viols en quelques mois, la nuit, dans la salle commune, porte fermée à clé et hublot obstrué. L’enfant dit n’avoir pas osé refuser.
Il se tait longtemps. Ce n’est qu’après son transfert dans un autre établissement, et après plusieurs tentatives de suicide, qu’il se confie à une éducatrice. Son ancien foyer transmet alors une information préoccupante à l’Aide sociale à l’enfance.
L’homme mis en cause conteste fermement les faits. Il est présumé innocent.
