L’équivalent de ces tueries dans le domaine financier est sans aucun doute la période 1971-1981. Entre janvier 1971 et décembre 1979, le ratio marché des actions / or baissa d’un peu plus de 90 %, ce qui laisse des traces. Ces années suivaient la fin du gold exchange standard (Bretton Woods), et quiconque a survécu à cette période en fut marqué à jamais, moi le premier.

À cette époque émergea toute une série d’outils qui s’attachaient à mesurer l’étendue du désastre. L’un des plus populaires fut inventé par un économiste nommé Arthur Okun, qui le baptisa « l’indice de misère » : ce n’était rien d’autre que l’addition du taux de chômage et du taux d’inflation.

Si la somme des deux dépassait 10, nous étions dans la panade.

Le temps est donc venu de sortir l’indice de misère du placard, tant la période actuelle se met à ressembler aux années 1970.

Voici donc l’indice de misère pour les États-Unis depuis 1970.

En réalité, si j’analyse cet indice dans le cadre de ce que j’appelle les quatre quadrants, l’indice de misère, quand il dépasse 10, me dit que je suis probablement dans le quadrant en haut à gauche, celui de la récession inflationniste.

Et, comme le lecteur averti le sait, c’est dans ce quadrant que l’on perd toujours le plus d’argent.