Par Olivier d’Auzon – Découvrez son dernier ouvrage chez Erick Bonnier : AFRIQUE 3.0
Il faut avoir le cœur bien accroché et l’estomac solide pour traverser d’un bout à l’autre cette somme magistrale, La Révolution française, de Jean-Christian Petitfils, historien de Louis XVI et du Grand Siècle, qui s’attaque cette fois au mythe fondateur de la gauche française, et il ne fait pas de quartier.
Le grand récit d’une illusion
D’emblée, le ton est donné. Pas question ici de célébrer la prise de la Bastille comme l’aube des temps nouveaux. Jean- Christian Petitfils rappelle que la Révolution ne commence pas en 1789 mais à l’été 1786, avec l’échec du plan Calonne, et qu’elle ne s’achève pas avec Robespierre mais se prolonge jusqu’au 18-Brumaire et au-delà. Une chronologie longue qui permet à l’auteur de démonter pièce par pièce la mécanique infernale : une crise financière d’abord, une crise idéologique ensuite, une crise climatique enfin le fameux « déclic météorologique » de 1788 et, au bout du compte, un gigantesque déplacement de souveraineté.
Car c’est là le cœur du livre : la Révolution française n’est pas d’abord une révolution de la liberté, c’est une révolution de la souveraineté. En juin 1789, la monarchie est dépossédée de sa légitimité au profit d’une Assemblée qui se proclame Nation. Un basculement inouï, unique dans l’histoire.
