Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)

Le 10 février 2007, à la Conférence de Munich sur la sécurité, Vladimir Poutine contesta l’ordre international dominé par les États-Unis, l’élargissement de l’OTAN et le recours à la force en dehors de règles communes. Les guerres qui suivirent ont favorisé une lecture de ces propos comme l’annonce d’une rupture définitive. Le désaccord avait pourtant des antécédents, tandis qu’une marge politique demeurait pour la coopération.

Une fracture qui avait une histoire

La contestation russe de l’élargissement atlantique précédait Poutine. Les documents diplomatiques des années 1990 réunis dans les Archives de la sécurité nationale, hébergées par l’université George Washington, montrent les objections de Boris Eltsine et la difficulté américaine à concilier l’intégration de la Russie avec l’entrée des pays d’Europe centrale dans l’OTAN. Ils révèlent également la volonté de ces derniers d’obtenir des garanties contre la pression russe.

La disparition de l’Union soviétique avait modifié les frontières et les rapports de force, laissant ouverte la question de la place de la Russie dans la sécurité européenne. Les assurances devenaient fragiles lorsque les parties attribuaient des significations différentes aux mêmes formules d’inclusion.