Par Giuseppe Gagliano, Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie)

Un cercle restreint, une question de pouvoir

Selon l’enquête de Politico, le Pentagone prépare en Pologne une réunion sur l’avenir de l’Alliance avec la Norvège, la Suède, la Finlande, la Pologne, l’Allemagne et les Pays-Bas. La France, le Royaume-Uni et les États baltes n’ont pas été invités ; l’Italie ne figure pas sur la liste. L’initiative revient à Elbridge Colby, responsable de la politique du Pentagone. Les critères de sélection n’ont pas été précisés publiquement. Les invités présentent le Groupe de Bergen comme un laboratoire de propositions qui seront ensuite soumises à l’ensemble des alliés.

La réunion est une consultation organisée par les États-Unis. Les décisions de l’OTAN exigent le consensus de ses membres. Toutefois, le pouvoir s’exerce aussi en choisissant qui prépare les propositions, quels problèmes aborder et quelles options écarter. Un groupe restreint peut accélérer le travail collectif ou présenter aux autres un programme déjà arrêté.

Il n’est pas démontré que ces exclusions sanctionnent des gouvernements insuffisamment alignés sur Trump. Une interprétation stratégique possible est la suivante : une Europe davantage responsable de sa propre défense peut libérer des ressources américaines pour la compétition avec la Chine. La question est de savoir qui fixe le calendrier, les missions et les priorités de cette redistribution.