Par David Gaüzère

Docteur en géographie sociale et humaine, spécialiste de l’Asie centrale post-soviétique – Université de Bordeaux 3, Ancien membre-associé au Centre Français de Recherche sur le Renseignement, CF2R.

Des drapeaux azerbaïdjanais dans des manifestations indépendantistes dans l’outre-mer français, des prises en otage de citoyens français à Bakou, des faux comptes pour de faux narratifs informationnels sur internet… À l’heure des ingérences de nouvelles puissances dans les affaires du monde et de leur contestation de l’ordre onusien de 1945, le Groupe d’initiative de Bakou (GIB) est ce nouvel outil utilisé depuis 2023 comme un levier parmi d’autres par l’Azerbaïdjan pour faire chanter ses adversaires, principalement la France.

La déstabilisation de l’outre-mer français, toujours réputé « colonial » pour la GIB, est la priorité azerbaïdjanaise, afin de tenter d’éloigner pour de bon Paris des affaires du Caucase.

Cependant, le GIB montre rapidement ses limites. Les territoires ultra-marins français et européens, déjà tous largement autonomes, ont des statuts différents ; les appels à la décolonisation ont des cibles variables mais uniquement calquées sur les objectifs de la diplomatie azerbaïdjanaise et ne doivent surtout pas être appliquées au territoire azerbaïdjanais lui-même ; un réchauffement des relations diplomatiques entre Paris et Bakou compromettrait en somme le devenir du GIB.