Une couverture, un portrait de magistrat… et l’indignation repart. Depuis le 14 octobre, Frontières affiche en kiosque un numéro décapant : « Justice politique : l’énigme Youssef Badr ». L’occasion d’observer comment une enquête sur un juge peut rapidement devenir, dans certains récits médiatiques, une attaque contre l’appareil judiciaire et ses juges.

De la condamnation au procès médiatique

Le 18 juin, une formation de trois juges présidée par Youssef Badr condamnait Erik Tegnér, directeur de Frontières, à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour la divulgation de données concernant des avocats en droit des étrangers. Tegnér a fait appel et met désormais en cause l’impartialité du président d’audience.

Après des menaces et insultes racistes le visant sur les réseaux sociaux, Badr a porté plainte. L’annulation d’une rencontre avec des étudiants à Reims a ému la presse de gauche. En octobre, Le Parisien évoquait une « campagne de l’extrême droite » et Jacques Boulard, premier président de la Cour d’appel de Paris, qualifiait les attaques d’« inédites et très préoccupantes ».